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Récemment, en France, la cour de cassation a reconnu le droit pour des parents d’inscrire à l’état civil un enfant mort avant la naissance, sans mettre de limites de semaines. Grand émoi dans le camp des promoteurs de l’avortement et de ce qu’ils appellent le droit des femmes de disposer de leur corps.
Pour eux, amorce intolérable d’un « retour en arrière » ! Une fois de plus, cela nous montre combien notre société, en tout cas un grand nombre dans notre société, a acquis des réflexes qui proviennent de la théorie philosophique appelée « idéalisme » : les choses sont ce que je pense qu’elles sont et non pas d’abord ce qu’elles sont indépendamment de moi. Si je dis que ce qu’il y a dans le ventre de la femme est un amas de cellules, c’est un amas de cellules ! Avec les effets pervers que cela entraînera…
Cette forme de pensée, avec ses corollaires dans l’agir, se retrouve aussi en quelque sorte dans la manie régnante de publier des sondages d’opinion et de laisser supposer que le sondage nous donne une vue de la réalité… et que, donc, nous devons agir en conséquence. Or, ce n’est pas parce qu’un grand nombre de personnes pensent que la terre se réchauffe qu’elle se réchauffe vraiment. Ce réchauffement doit se prouver.
Ce n’est pas l’opinion d’un grand nombre qui crée le réchauffement. Il est ou n’est pas, indépendamment de ce que nous en pensons ! Non contents de créer un monde qui sort de leur cerveau et qu’ils prennent pour la réalité, souvent ces gens veulent l’imposer aux autres. D’où une militance très active et généralement fortement intolérante vis-à-vis de ceux qui ne pensent pas comme eux. Nous savons bien comment cet idéalisme a engendré les grandes idéologies du vingtième siècle, le marxisme et le nazisme. Idéologies qui, pour s’imposer et sous prétexte de fabriquer le bonheur, n’ont pas craint de tuer des millions d’êtres humains.
Cela fait frémir. Sans, bien sûr, vouloir les comparer aux révolutionnaires des idéologies meurtrières, nous constatons que des membres de l’Eglise, touchés par la mentalité idéaliste, ont bien du mal à accepter la réalité des dogmes et les normes morales fondées sur la nature humaine. Plus : ils auraient tendance à promouvoir un ensemble d’« approches » religieuses (ne disons pas « vérités ») qui évidemment correspondent plus à leurs vues qu’à un donné révélé objectif.
Le Magistère de l’Eglise, les évêques en union au Pape, est là pour nous aider à coller à la réalité révélée au long des siècles par le Seigneur et particulièrement en son Fils Jésus Christ. De la sorte, il nous garde attentifs à la réalité des choses et des êtres humains, telle que sortie des mains du Créateur. Mais il est aussi un autre principe de connaissance et d’amour du réel : c’est le Saint Esprit. Ses dons nous aident à connaître en profondeur l’œuvre de Dieu, à y adhérer, à l’aimer, à la servir. Dans le temps pascal, demandons au Ressuscité de nous envoyer abondamment le Saint Esprit qu’il a promis. Et ouvrons nos cœurs à celui qui est le Don par excellence.
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